Première déception québécoise

Non, pas la mienne, je vous rassure ! Mais aujourd'hui j'ai rencontré pour la première fois une française qui vit son expatriation comme un calvaire. C'est presque rassurant de constater que le pays, la culture et le mode de vie ne plaisent pas à tout le monde. 

Mais parlons donc d'Isabelle - je l'appellerai ainsi parce qu'elle a une tête à s'appeler Isabelle :-) et que je ne lui ai pas demandé son prénom - je sais j'suis poche!

Je l'ai rencontré à la caisse d'une librairie proche de l'UQAM. Comme toujours ici le contact est facile et direct. Déjà le client qui me précède parle "origines" avec elle et je comprends qu'elle est française. Forcément ça ne rate pas, dès mes trois premiers mots, elle détecte mon accent et me demande si nous sommes compatriotes. Comme la boutique est vide, nous discutons quelques minutes. Ou plutôt quelques secondes, c'est le temps qu'il lui a fallu pour m'avouer sa tristesse et son envie de rentrer à la maison, en France. Oui, je crois que si le comptoir ne nous avait pas séparé, elle aurait pleuré à chaudes larmes sur mon épaule (mais non je ne me fais pas un film !). 

Bon en résumé, Isabelle doit avoir 24/25 ans, elle est à Montréal depuis un an, dans le cadre d'un programme d'échanges d'étudiants; elle étudie l'histoire de l'art et trouve franchement que ses professeurs n'ont pas le niveau. 

Mais ce n'est pas tout, Isabelle est végétarienne, et c'est vrai qu'ici c'est plutôt le règne de la bouffe que de la dégustation de légumes frais, chers et difficiles à trouver en hiver. Ne lui parlez donc pas de poutine.

Et Isabelle est mince, très mince. Elle a donc en plus du mal à s'habiller ici. "Les tailles nord-américaines ne sont pas pour moi", se lamente-t-elle. 

Bon, c'est vrai, Isabelle, tu cumules un peu… une végétarienne filiforme qui vient étudier l'histoire de l'art au Québec… c'est pas un peu comme un redneck de l'Arkansas qui viendrait prendre des cours de fast-food dans le marais ?

Isabelle tu m'as rassuré, tous les français n'aiment pas le Québec et c'est heureux. Bon courage pour tes 18 mois à tirer, et promis je passerai te dire salut de temps à autre pour voir si tout va toujours aussi mal qu'aujourd'hui.

 

PS : Comme on dit dans les journaux, les prénoms ont été modifiés :-)

 

Posterous theme by Cory Watilo