Alors que ce 22 avril les murs de mes «amis» sur Facebook se remplissent de commentaires souvent haineux, je viens de vivre une «expérience comparative» intéressante.
Ce 22 avril, au premier tour de la présidentielle française, Marine Le Pen aurait obtenu les suffrages d'environ un français sur cinq parmi ceux qui ont voté.
Ce 22 avril, je viens de passer «l'immigration» au Canada et d'obtenir mon premier permis de travail officiel.
Pour obtenir mon permis de travail, il m'a fallu :
- signer un contrat de travail à durée très déterminée (deux mois) avec l'université qui m'embauche;
- remplir il y a trois mois une demande complète auprès de l'ambassade en incluant les coordonnées complètes de mes parents et de ma sœur (bien qu'ils ne m'accompagnent pas); un extrait de casier judiciaire, copie certifiée conforme de mes diplômes...
À l'arrivée aujourd'hui au Canada un officier de l'immigration m'a remis mon permis officiel en me précisant bien les nombreuses conditions qui le régissent :
- je ne peux travailler que pour l'université indiquée; interdiction donc de solliciter un autre emploi en parallèle.
- la date de fin de mon permis de travail est très précise et il est indiqué que je dois avoir quitté le territoire canadien à cette date;
- il m'est interdit d'exercer une autre profession que celle indiquée sur mon permis;
- il m'est interdit de travailler dans une autre ville que celle indiquée sur mon permis ;
- je ne peux en aucun cas travailler dans le domaine de la santé, dans l'éducation primaire ou secondaire;
- je n'ai pas le droit de suivre des études (à l'exception de cours éventuels de français ou d'anglais) ni de "fréquenter un établissement d'enseignement".
Suis-je choqué par ces conditions draconiennes ? Pas du tout ! Les règles sont claires, écrites, précises. Si je ne respecte pas ces règles, je sais que cela pourra m'être reproché par la suite.
Et tout cela pour un contrat à durée déterminée de deux mois ! C'est ce que nous appelons en France de l'immigration choisie, et très contrôlée.
Un pays, souverain, fixe ses règles. À ceux qui souhaitent passer un moment dans ce pays de se plier aux règles et de les respecter.
Et paradoxalement, la tolérance des québécois et leur recherche permanente du compromis est sans doute possible grâce à ces règles précises d'entrée sur le territoire et de travail.
Et la jeune femme, officier de l'immigration qui m'a délivré mon permis était très courtoise, mais très claire. Et j'ai parfaitement compris qu'il n'était pas question de négociation mais d'application des règles.
Ces règles me conviennent, je suis le bienvenu. Ces règles ne me conviennent pas, je suis libre de retourner dans mon pays.
Et tout le monde trouve cela parfaitement normal ! Dans cette province très sociale qu'est le Québec, tout le monde accepte ces règles précises d'entrée sur le territoire. Il en va de l'équilibre de la société.
Face à cette officier (désolé, je ne connais pas le féminin de cette fonction), je pensais aux hurlements que pousseraient certains en France face à ces contrôles stricts. «Etat policier» ? Non, vraiment pas ! Respect des règles qui s'appliquent à tous, oui.
Et dans les prochains jours, je vous parlerai des manifestations et des relations police-manifestants. Intéressant aussi...