Comment reconnait-on une française dans un Café Dépôt Avenue Mont-Royal ?

Le dimanche elle déjeune à 14h, elle boit une bouteille d'eau et pas un café, elle regarde autour d'elle avec des yeux grands ouverts et curieux et pas dans le journal gratuit sans intérêt du jour. Elle fait répéter deux fois la serveuse à chaque question. Chaussée de Convers, cheveux attachés, elle est plutôt bien habillée avec un petit gilet gris en laine sur un décolleté très sage agrémenté d'un petit collier à deux perles… Gagné ! Elle sort le livre "un week-end à Montréal" !

Je crois que j'ai trouvé un nouveau jeu.

Manifestation "monstre" à Montréal

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Ce billet de blogue est garanti 100 % en français.

En ce Printemps Erable, croiser à Montréal une manifestation n'est pas vraiment inhabituel. La province n'avait pas connu depuis plusieurs décennies, de tension sociale aussi exacerbée. Etudiants en grève, étudiants contre la grève, étudiants pour la paix entre les étudiants, amis de la nature, anarchistes… tout le monde s'y met pour perturber la circulation et les commerces, parfois avec de bonnes raisons, parfois de manière trop extrême comme à Victoriaville la semaine dernière ou dans le métro fermé pendant trois heures cette semaine.

Donc ce samedi midi, croiser rue Saint-Catherine une manifestation ne semblait émouvoir personne. Mais j'ai eu ainsi l'occasion de faire la connaissance du truculent Denis Trudel, porte-parole du Mouvement Montréal français. Car c'est pour cela que 150 à 200 personnes (d'après ma propre estimation personnelle qui n'est ni celle de la police ni celle des organisateurs) ont parcouru les rues de Montréal sous forme d'une visite guidée des lieux où le français et la fameuse loi 101 sont ignorés. Un passage devant "Banana Republic" que les défenseurs du français voudraient sans doute renommer "République de la Banane", devant "FutureShop"… et devant des organisations gouvernementales ou des entreprises qui plus sérieusement, ne défendent pas le français comme elles le devraient (de par la loi et surtout de par leur implantation au Québec dont la langue officielle est le français).

L'occasion pour les organisateurs de rappeler que Montréal a tendance à s'angliciser et que la langue française doit être défendue.

Je me souviens d'ailleurs de ma première visite à Montréal, il y a quinze ans. En entrant dans le taxi à l'aéroport, j'ai eu l'impression qu'il ne comprenait pas le français, et je lui ai donné l'adresse en anglais. Quinze ans après, je suis presque mûr pour rejoindre le Mouvement Montréal français. Jamais je ne parle anglais dans un commerce, je fréquente de préférence les quartiers francophones et le commerçant qui me fera dépenser mes dollars en me servant en anglais n'est pas encore né ! Plus québécois que moi tu meurs :-)

 

Montréal et ses poubelles

Quand vous emménagez dans un appartement, ce sont des petits détails qui font la différence de votre quotidien avec un hôtel. Les déchets par exemple. Comment et quand vider ses poubelles et se débarrasser des ordures ménagères ? 

Dans mon quartier (le plateau) les éboueurs passent les mardi et vendredi en fin de journée (si j'ai bien compris). Mais la majorité des résidents n'a pas de poubelle. Le mardi et le vendredi ce sont donc des tas de sacs plastiques plus ou moins bien fermés qui s'entassent dans ma rue au pied des arbres.

Des sacs que l'employé qui coure derrière le camion poubelle tente de ramasser le mieux possible et de jeter dans la benne.

Certains résidents investissent dans une petit poubelle, mais elles ne sont pas normalisées, empêchant de développer des camions poubelles automatisés.

Résultat de cette absence totale d'organisation, les rues sont sales (il y a d'autres raisons, mais nous y reviendrons dans un prochain billet). Même si la consigne est évidemment d'enfermer ses ordures dans des sacs hermétiques, de bien ficeler les sacs… il y a forcément des ratés. Les sacs se déchirent, d'autres coulent, et l'employé laisse parfois échapper certains contenus. Et les mignons petits écureuils participent à ce travail.

Je ne sais pas comment c'est organisé dans les condos (les appartements), mais dans les rues de petites maisons à deux étages, il serait pourtant simple de mettre en place quelques règles. Certes elles créeront des contraintes, mais ce sera toujours mieux que des papiers gras en permanence dans la rue.

1ère solution : chacun possède sa poubelle et la descend deux fois par semaine. Chaque maison de ville est composée de 6 appartements en moyenne, deux par étage sur trois niveaux. Les escaliers extérieurs sont raides, et glissants en hiver (ne jamais oublier l'hiver !). Si chacun dispose de sa poubelle intérieure, il doit donc la descendre deux fois par semaine, puis la remonter) et cela peut être périlleux.

2ème solution : une poubelle collective par maison. Mais il faut alors s'entendre avec ses voisins sur celui qui la sort, qui la rentre, à quel endroit la stocker (prévoir un abri extérieur, mais qui va empiéter sur le terrain du propriétaire du rez de chaussée). Compliqué aussi à organiser.

3ème solution : de grandes poubelles collectives qui restent en extérieur, pour un ensemble de maisons. Chacun vient y déposer ses sacs, mais qui prend alors en charge leur nettoyage, leur gestion… la municipalité ? Ca va couter de l'argent.

Il n'y a pas de solution simple et les déchets sont un des problèmes majeurs de notre société de consommation. Il faut bien sur d'abord les réduire. Mais pour l'instant le montréalais semble se complaire dans l'inaction, et préférer une mauvaise solution qui consiste à ne rien faire, mais éviter de devoir imposer quoique ce soit à ses semblables. Le québécois déteste le conflit ? Ok, c'est correct. Mais de là à préférer la saleté… 

C'est d'ailleurs intéressant de constater que le montréalais est plutôt sensible à son environnement. Il fréquente les parcs, marche à pied, fait du vélo, évite de gaspiller ou de polluer, achète bio, entretient avec amour les 2 mètres carrés de pelouse devant sa maison en y plantant des fleurs… mais jette ses sacs d'ordures devant sa porte… Voilà une chose que je ne comprends pour l'instant pas dans la mentalité montréalaise; sans doute trouverais-je un jour une explication, mais là… j'y vois juste un point d'amélioration flagrant.

Pour en savoir, j'ai trouvé ce billet : http://ou-trouver-a-montreal.ca/petits-conseils-pour-les-nouveaux-arrivants/les-poubelles-a-montreal/

Et ce PDF pour savoir quoi recycler si l'on est pas agrégé d'écologie : http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/enviro_fr/media/documents/depliant_pelemele.pdf

Mais il me reste une question concernant le recyclage... Il est interdit de mettre ses déchets recyclables dans un sac recyclable... là encore, j'ai du mal à comprendre la logique...

 

Créez votre entreprise au Québec, mais économisez 35 $ !

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Dans un pays certes taxé, mais ouvert aux initiatives et aux entrepreneurs; un pays où l'échec est considéré comme un apprentissage et non comme une marque indélébile d'incompétence; créer sa propre activité est à la portée de tous. 

Travailleur autonome, société incorporée, vous avez le choix des statuts et des modes de fonctionnement.

Mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi. D'ailleurs, avant de créer votre entreprise vous vous documentez. Vous cherchez un livre, bien fait, pratique, clair et qui vous aidera à comprendre les étapes qui vous attendent.

Récemment immigré au Québec, vous êtes peut-être tenté par l'aventure de la création d'activité. Et vous repérez le livre "créer son entreprise pour les nuls". Le drapeau québécois et la mention "édition spéciale Québec!" sur la couverture vous rassurent. Il existe en effet très peu d'ouvrages sur le sujet; la plupart des livres trouvés en librairie, en français, vous parlent de la création d'entreprise… en France !

Vous vous apprêtez à débourser les 35 $ (avant taxes) que coute ce livre "pour les nuls"… STOP !!!!!!!!! Rangez vos dollars et votre Visa ! N'achetez pas ce livre, vous économiserez 35 dollars. 

Je vous avoue, je me suis fait avoir. Impressionné par les 450 pages du livre et par la mention "spécial Québec", j'ai dépensé 35 dollars… pour rien. 

Cette opinion sévère, je vais vous l'expliquer bien sur :

- D'abord la partie sur la fiscalité d'entreprise et les procédures administratives est très restreinte; quelques dizaines de pages sont consacrées au fonctionnement des taxes, aux impôts, etc. Rien de bien passionnant et surtout rien de plus que ce que vous trouvez facilement sur le site de Revenu Québec, très bien fait et gratuit. Je vous conseille la partie "Publications" dont les contenus sont clairs, bien rédigés, et orientés "clients" : http://www.revenuquebec.ca/fr/sepf/publications/default.aspx?T=203

- Et puis parce que créer une entreprise est un sujet sérieux. Alors je sais que la nouvelle génération ne veut que du ludique, même lorsqu'elle déclare ses impôts, mais il y a des limites. C'est un classique de la collection "pour les nuls", mais poussé à son extrême. Les chapitres s'intitulent "le guide intergalactique du chercheur d'écus; Ciao et merci pour l'argent [pour parler des banques]; Co-exister avec d'autres formes de vie [pour parler des clients]; Les taxes attaquent"… Oui, c'est amusant… mais point trop n'en faut. Surtout que l'ensemble du texte est émaillé de jeux de mots, de blagues; qui finalement le rendent bien difficile à comprendre et n'en fait pas le livre de référence que le titre laissait entendre.

J'ai créé mon activité au Québec et aucune des pages du livre ne m'a apporté le moindre conseil avisé. J'ai trouvé bien plus et plus clair sur les sites officiels. 

Alors à moins que vous ne sortiez du Cegep et que vous n'y connaissiez rien à la business, passez votre chemin et trouvez d'autres sources d'informations, plus sérieuses et plus utiles.

 

J'ai honte, j'ai été généreux !

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Je reviens d'un diner simple dans le quartier chinois. Ce que j'aime dans cette ville, c'est de pouvoir descendre à toute heure du jour et de la nuit et de trouver quelque chose à manger si l'on a des horaires un peu décalés. Et logeant à côté du quartier chinois, j'ai décidé de m'y enfoncer ce soir.

C'est vrai qu'il fallait oser… le "buffet chinois" n'est pas vraiment, en France en tous cas, le meilleur endroit pour y déguster de la grande cuisine. Manifestement au Jardin de Jade, 67 rue de la Gauchetière Ouest, ce n'est pas non plus de la grande cuisine. Mais la forte présence asiatique me rassure toujours; je suis bien dans un restaurant familial et non dans un piège à touriste.

Franchement, je n'ai aucune idée de ce que j'ai mangé… Peut-être est-ce préférable de rester dans l'ignorance. Mais c'est un des plus grands buffets chinois que j'ai jamais vu. Salades, viandes en sauce, friture, légumes, desserts… il faut pas moins de huit grands meubles pour présenter l'assortiment. Et le prix reste abordable, entre 9.75 et 14.80 dollars. Un prix variable pour la même cuisine, en fonction de l'affluence. C'est ce que l'on appelle du "yield management" en bon anglais. Et ça marche même avec les restaurants. Pourquoi faire payer 9.75 dollars quand le restaurant est plein si les clients sont prêts à payer 5 dollars de plus ?

Et 5 dollars c'est justement ce que j'ai laissé comme pourboire à la serveuse. Après avoir hésité pendant tout le repas à me parler en français ou en anglais (elle n'a pas essayé l'option chinois), elle m'a en revanche très clairement expliqué que l'addition était à payer à la sortie, mais le pourboire à la table. N'ayant qu'un billet de 5 dollars, je trouvais très pingre de lui demander de la monnaie. Elle a donc eu 29 % de pourboire sur une addition de 17,40 dollars. Et ses yeux se sont illuminés quand elle m'a demandé si "tout ça était pour elle ?". 

Grand seigneur que je suis ! Comme quoi le service client, cela tient à pas grand chose :-)

Franchement le Jardin de Jade n'est pas une grande expérience culinaire. Mais pour un buffet chinois, c'est original, copieux et abordable. Même aux heures de pointe.

A noter également que les clients "chinois" sont installés au fond dans une partie de la salle qui leur est apparemment réservée. Amusant de voir se côtoyer ces deux mondes : les étudiants à la recherche d'un diner pas cher et copieux; et les vieux chinois au visage impassible qui sont ici chez eux.

Contrôle strict aux frontières et respect des règles

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Alors que ce 22 avril les murs de mes «amis» sur Facebook se remplissent de commentaires souvent haineux, je viens de vivre une «expérience comparative» intéressante. 

Ce 22 avril, au premier tour de la présidentielle française, Marine Le Pen aurait obtenu les suffrages d'environ un français sur cinq parmi ceux qui ont voté. 

Ce 22 avril, je viens de passer «l'immigration» au Canada et d'obtenir mon premier permis de travail officiel. 

Pour obtenir mon permis de travail, il m'a fallu :

- signer un contrat de travail à durée très déterminée (deux mois) avec l'université qui m'embauche;

- remplir il y a trois mois une demande complète auprès de l'ambassade en incluant les coordonnées complètes de mes parents et de ma sœur (bien qu'ils ne m'accompagnent pas); un extrait de casier judiciaire, copie certifiée conforme de mes diplômes...

À l'arrivée aujourd'hui au Canada un officier de l'immigration m'a remis mon permis officiel en me précisant bien les nombreuses conditions qui le régissent :

- je ne peux travailler que pour l'université indiquée; interdiction donc de solliciter un autre emploi en parallèle. 

- la date de fin de mon permis de travail est très précise et il est indiqué que je dois avoir quitté le territoire canadien à cette date;

- il m'est interdit d'exercer une autre profession que celle indiquée sur mon permis;

- il m'est interdit de travailler dans une autre ville que celle indiquée sur mon permis ;

- je ne peux en aucun cas travailler dans le domaine de la santé, dans l'éducation primaire ou secondaire;

- je n'ai pas le droit de suivre des études (à l'exception de cours éventuels de français ou d'anglais) ni de "fréquenter un établissement d'enseignement".

Suis-je choqué par ces conditions draconiennes ? Pas du tout ! Les règles sont claires, écrites, précises. Si je ne respecte pas ces règles, je sais que cela pourra m'être reproché par la suite. 

Et tout cela pour un contrat à durée déterminée de deux mois ! C'est ce que nous appelons en France de l'immigration choisie, et très contrôlée.

Un pays, souverain, fixe ses règles. À ceux qui souhaitent passer un moment dans ce pays de se plier aux règles et de les respecter. 

Et paradoxalement, la tolérance des québécois et leur recherche permanente du compromis est sans doute possible grâce à ces règles précises d'entrée sur le territoire et de travail. 

Et la jeune femme, officier de l'immigration qui m'a délivré mon permis était très courtoise, mais très claire. Et j'ai parfaitement compris qu'il n'était pas question de négociation mais d'application des règles. 

Ces règles me conviennent, je suis le bienvenu. Ces règles ne me conviennent pas, je suis libre de retourner dans mon pays. 

Et tout le monde trouve cela parfaitement normal ! Dans cette province très sociale qu'est le Québec, tout le monde accepte ces règles précises d'entrée sur le territoire. Il en va de l'équilibre de la société. 

Face à cette officier (désolé, je ne connais pas le féminin de cette fonction), je pensais aux hurlements que pousseraient certains en France face à ces contrôles stricts. «Etat policier» ? Non, vraiment pas ! Respect des règles qui s'appliquent à tous, oui.

Et dans les prochains jours, je vous parlerai des manifestations et des relations police-manifestants. Intéressant aussi...

 

Ca va bien?

Ah ces français ! Toujours à débattre et à disserter sur le sexe des anges… Et oui, on ne se refait pas… Je vais donc dans ce billet être 100 % français :-)

Une expression m'a interpellé lors de mes premiers contacts professionnels au Québec. "Ca va bien ?". Apostrophe habituelle lorsque vous rencontrez quelqu'un. L'équivalent du "how are you doing?" ou du "comment allez-vous ?".

Mais que va-t-il pouvoir bien analyser d'une expression aussi banale de la vie de tous les jours - vous dites-vous ?

Dans mes premiers contacts, rien. J'ai perçu ce "ça va bien?" comme une simple différence linguistique. Un maudit français aurait d'ailleurs juste fait remarquer que les québécois ne savent pas parler correctement et ignorent la forme interrogative. Quelle erreur ! 

Avec quelques mois de recul, cette expression me semble au contraire plus honnête et plus volontaire que celle utilisée en France ou aux Etats-Unis.

Je m'explique… Quel pourcentage des gens que vous rencontrez et à qui vous demandez comment ils vont, vous répondent de manière négative ? Peu, très peu, personne… Tout simplement parce que la formule n'est que de pure politesse et qu'il est de la même politesse de répondre positivement, même si la réalité est différente, tout simplement pour ne pas importuner votre interlocuteur avec des problèmes qui ne le regardent pas.

Imaginez un instant votre prochain rendez-vous professionnel, vous rencontrez un prospect, vous le saluez, et lui demandez "comment allez-vous ?"… sa réponse : mal, je viens de me faire réprimander par mon chef, je suis en plein divorce, mon fils a raté son examen… ne vous enfuiriez vous pas rapidement ?

A la question "comment allez-vous ?", il est donc de coutume de répondre "bien", "très bien", "parfait", "merci"…

En analysant la forme de la question posée au Québec, je constate que :

- tout d'abord elle ne propose pas l'option du mensonge. Elle vous intime l'ordre d'aller bien. Elle vous fait d'ailleurs remarquer, si par hasard, quelque chose n'allait pas, qu'il y a sans doute pire ailleurs et que votre situation n'est pas si dramatique. Entre le "ça va bien?" et le "ça va bien!", il n'y a qu'un signe de ponctuation de différence. Quand il vous pose cette question, votre interlocuteur vous aide déjà à aller bien :-)

- Et elle met le doigt sur ce volontarisme, cette dynamique qui conduit à privilégier le positif. Lorsqu'en France dans un bureau j'entends le lundi matin des réponses désabusées telles que "comme un lundi…", ou "vivement les vacances…", je me dis que ces personnes doivent manquer de positivisme pour débuter leur journée ! Une fois, pour rire, il faudra que j'essaye la réponse "comme un lundi" au Québec pour voir l'effet produit !

Voilà donc comment un français est capable d'écrire un billet de blogue de 500 mots à partir d'une simple expression de trois mots… Si ça c'est pas typiquement français ! Et en ce qui me concerne, je vous rassure, ça va bien !

 

Respect de l'éthique lors d'un événement professionnel

Si lors de vos premiers pas au Québec, vous participez à un événement professionnel, vous constaterez que les pratiques sont très différentes de celles que nous connaissons en France. 

Tout d'abord la plupart des événements professionnels sont payants. L'inscription à une activité sous-entend le paiement de frais d'inscription, qui couvrent tout ou partie des coûts d'organisation.

Une pratique que j'applaudis des deux mains, à la fois comme participant et comme organisateur d'événements. En France, après avoir organisé pendant des années des événements totalement gratuit, j'ai décidé de basculer vers ce modèle payant. Il est plus respectueux de l'ensemble des parties présentes.

- Plus respectueux pour l'organisateur qui voit diminuer drastiquement le nombre d'inscrits qui ne viennent finalement pas, sans prévenir; et qui diminue la pression des commanditaires qui tentent de lui imposer leur contenu;

- Plus respectueux pour le participant, qui ayant financé tout ou partie de son inscription attend un contenu de qualité et des prestations au niveau, tout en conservant son objectivité;

- Plus respectueux finalement de la relation participants-organisateurs. Les participants ne se sentent pas redevables vis à vis de l'organisateur; et ce dernier est certain que les personnes présentes sont réellement intéressées.

Bien sur il y a également des activités pour lesquelles l'inscription est gratuite. Il peut s'agir d'événements purement commerciaux, dévolus au lancement d'un nouveau produit; ou d'événements destinés à un public particulier dont on sait qu'il lui est difficile de financer des frais (des étudiants par exemple); ou des événements où le financement par des commanditaires ne pose pas de problème éthique.

Et puis il y a une autre catégorie de frais de participation, que je n'avais encore jamais vu en Europe. Il s'agit d'événements gratuits, pour lesquels les participants décident volontairement de participer financièrement. Alors, n'allez pas croire que c'est une générosité de leur part; mais plutôt un souci, légal ou volontaire, de ne pas se sentir dépendant de l'organisateur ou des commanditaires. M'étant inscrit récemment à un séminaire organisé par IBM, je découvre en bas du formulaire d'inscription une mention qui m'était inconnue.

"i[IBM vous remercie de votre intérêt pour cet événement. Il n'y a pas de frais d'admission pour participer à l'événement. Cependant, IBM fournit un ensemble de commodités dont la valeur est de 113,44 $… la valeur totale de l'ensemble des commodités est indiquée, car votre organisme pourrait vous demander d'en défrayer le coût… IBM vous invite à vérifier d'avance, auprès de votre conseiller juridique ou responsable de l'éthique, que vous avez le droit de participer à l'événement. IBM ne souhaite aucunement contrevenir à une loi, à un règlement ou à une politique, ni que votre organisme ou vous-même y contreveniez…]i" 

Suit une "option de paiement" qui permet au participant de payer les commodités offertes par IBM pendant l'événement.

Encore une fois, ce que j'aime dans cette démarche, c'est la transparence et la franchise imposée par la loi ou par les règles d'éthique. Les choses sont claires. Si vous participez à l'événement gratuitement, vous savez que IBM dépense 113,44 $ pour vous. Si vous êtes plus à l'aise avec l'idée de prendre en charge ces frais afin de ne pas vous sentir redevable vis à vis de IBM, vous pouvez le faire, etc.

En prévoyant cette option, les organisateurs d'événements ne rendent en rien le service plus compliqué ou différent pour ceux qui acceptent d'être invités; mais il offre la possibilité à ceux qui préfèrent payer par eux-mêmes de le faire.

Bon, maintenant, il me reste à voir comment mettre en pratique cette transparence pour mes premiers événements à Montréal.

Et pour ceux qui, perfides, se poseraient la question; non, je n'ai pas payé ma contribution et j'ai accepté d'être invité par IBM (Ah ces français !); Je ne me sens pas pour autant redevable vis à vis du constructeur et le fait qu'il va dépenser 113,44 $ pour moi, ne changera rien à mon analyse ou à mes articles :-)

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Alcool !!!!

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Il fait froid par icitte vous dites vous. Ils doivent donc se réchauffer avec des alcools forts que l’on trouve à chaque coin de rue ! Et bien non, la consommation d’alcools forts est très encadrée au Québec. Leur importation et leur distribution sont même des monopoles de l’état provincial. Un monopole exercé au travers de la SAQ, la Société des Alcools du Québec. Vous trouverez ses magasins dans tous les quartiers, dans tous les centres d’achats. C’est le seul endroit officiel où vous pourrez acquérir des vins et des alcools forts et les ramener chez vous. Vous trouverez sans doute les prix élevés, surtout si vous conservez vos habitudes de consommation européennes. Mais il existe de très bons produits québécois, cidre, vin de glace, bières de micro-brasseries, et des vins nord-américains ou d’Amérique du sud qui méritent d’être découverts. Forcément si vous ne visez que le Château Margaux… votre portefeuille devra être bien garni.

Dans les épiceries (les dépanneurs) et dans les supermarchés, vous pourrez acheter des bières en grande quantité et peut-être d’autres alcools légers (je n’ai pas vérifié) mais aucun alcool fort.

Si vous arrivez de l’étranger, vous pouvez emporter dans vos bagages deux bouteilles qui seront exemptées de taxes. Si vous êtes un nouvel arrivant et que vous vous installez, vous pouvez faire venir votre cave, mais il vous faudra vous acquitter de taxes lors de son importation.

Bien sur vous pouvez également consommer des vins et des alcools au restaurant. Mais ce dernier doit avoir un permis en règle, et paie pour cela une taxe qui dépend de son chiffre d’affaires et de l’importance du restaurant (nombre de couverts, surface…). Ce permis d’alcool sera affiché bien en vue à l’entrée du restaurant afin que vous puissiez vérifier sa validité. 

Pour les plus intoxiqués, il existe peut-être des filières clandestines ou de contrebande, je n’en ai aucune idée. Et je trouve en plus que les prix élevés pratiqués par la SAQ permettent de financer en partie les ravages des abus d’alcool par certains. 

Ajoutons que la consommation d’alcool sur la voie publique est prohibée. Vous ne rencontrerez pas de sans-abri entourés de bouteilles vides ou pleines. L’ivresse sur la voie publique est également réprimée. Et comme 90% des québécois ont confiance dans leur service de police, ces règles sont appliquées.

Avec mon regard extérieur, forcément partial et imparfait, j’ai le sentiment qu’en matière d’alcool la notion de raisonnable sert de ligne conductrice. On peut en boire, parfois même un peu trop, mais sans que la consommation ne soit trop facilitée ni encouragée.

 

Semaine de relâche scolaire au Québec

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Je ne disserterai pas sur la durée des vacances scolaires, les rythmes, leur impact sur les enfants et sur leur capacité d'apprentissage, je n'ai en rien les compétences pour !

Juste à titre de comparaison, alors qu'en France nous jonglons entre trois zones de vacances scolaires, des vacances en février et des vacances à Pâques, au Québec, c'est plus simple. Une semaine de relâche, la première semaine de mars.

Cette seule semaine de vacances, qui coupe le premier semestre en deux et permet de reprendre quelques forces jusqu'à l'été, est synonyme de ralentissement de l'activité, de fort ralentissement même. Il ne viendrait à l'idée à personne d'organiser un événement professionnel pendant cette semaine. Mais c'est une et une seule semaine. Plus simple à gérer que notre calendrier à rallonge français.

A titre d'exemple pour les québécois qui liraient ce billet de blogue, en France, si vous voulez éviter toutes vacances scolaires, par exemple pour organiser un événement professionnel, vous devez éviter : 

- les vacances "de février", qui s'étalent en fonction des zones, du 11 février au 12 mars, deux semaines pour chaque zone académique de France, en décalage,

- les vacances "de Pâques", du 7 avril au 7 mai. Que vous pouvez rallonger d'une semaine car le 8 mai est férié (Armistice de la guerre 1939-1945) et génère bien souvent un "pont" de congés.

Sur le premier semestre de l'année, de janvier à fin juin, soit 6 mois, vous retirez donc deux mois de vacances, quelque part en France, plus les jours fériés (1er mai, 8 mai, Jeudi de l'ascension, Lundi de Pentecote…) qui bien souvent condamnent le mois de mai; et vous obtenez rapidement un semestre de trois mois. Tous les organisateurs d'événements professionnels concentrent donc leurs événements pendant ces trois mois, et se retrouvent immanquablement en concurrence frontale, ce qui diminue la fréquentation potentielle pour chacun…

C'est un peu la quadrature du cercle… mais on s'habitue à jongler avec les calendriers.

Bon ceci dit, bonne relâche à tous, que vous partiez au ski dans les Laurentides ou en Floride !

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